Alors que le Juge Demba Kandji a livré hier les résultats des 5 candidats de l’élection présidentielle, nous avons retracé depuis la campagne électorale jusqu’au jour du scrutin le parcours du 6ème  candidat surprise de ce scrutin: les fake news.

Grande Bretagne, États-Unis d’Amérique, Brésil… Plus aucun doute pour un journaliste sur la capacité des infox à influer sur le choix populaire.
Mais jusque là, il était question de l’actualité internationale.
Impossible, à ce moment et sous nos cieux, de les percevoir comme futur outil d’influence de l’opinion sénégalaise en perspective de l’élection présidentielle de 2019.
La suite a démontré le contraire.
Contrairement à ce qu’il m’était donné de vérifier jusqu’ici, c’étaient plus que des erreurs d’interprétation, affirmations légères des personnalités politiques fondées sur des calculs inexacts ou excusables de bonne foi mais des « fake news » dans le sens désinformateur du terme.
Une véritable entreprise de manipulation des conscience s’est qui a pris la forme de montages vidéo, trucage de photo et extraits audiovisuels hors contexte effectués en connaissance de cause par des « mains invisibles » durant ces derniers mois.
La faible initiation aux médias, la piètre qualité de nombre d’acteurs de la presse en ligne n’a encore rien arrangé, l’une expliquant la trop facile assimilation des fausses informations, l’autre favorisant leur relai.
Et ces pratiques manipulatrices parfaitement aisées à mettre en œuvre, très efficaces de par leur rapidité de propagation et très durables car résistant au temps sont  bien parties pour s’implanter dans la durée après avoir fait leurs preuves.
Une réaction efficace de l’ensemble de la presse passant surtout par la banalisation des pratiques de fact-checking et la rigueur dans la vérification de leurs productions peut constituer une alternative. Le rachat de leur aura fragilisée est d’ailleurs un enjeu.

En effet, le constat du nombre exponentiel d’infox est alarmant et nous vous proposons de revenir sur les plus marquantes auxquelles nous avons été confronté.

La maladie imaginaire de Idrissa Seck

Plusieurs mois avant le début de la campagne électorale une révélation de taille: une maladie mentale serait à l’origine du silence de Idrissa Seck, tant discuté par médias et analystes politiques.

C’était pourtant une infox diffusée à coups de chers sponsorings par une Page Facebook très douée pour ne révéler que des « informations » dégradantes sur les hommes politiques de l’opposition.

Comment faire dire à Ousmane Sonko plus qu’il n’a vraiment dit ?

La manipulation d’images est bien connue, celle du son aussi. Bien que plus difficile, la manipulation d’une vidéo est également possible et le candidat à la candidature Ousmane Sonko en a fait les frais après son passage dans l’édition spéciale de la 2stv le 31 Décembre 2018 où des parties de son propos ont été coupés et mis dans un contexte de nature à leur faire dire le contraire.

Un collectif de chefs religieux a-t-il demandé l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko ?

Retour sur une énorme et ingénieuse fake news selon laquelle un collectif de religieux basée à Touba aurait demandé l’invalidation de la candidature de Ousmane Sonko: tout était fictif!

Le sondage (qui n’en était pas un) sur l’élection présidentielle de 2019

La publication de sondages en période électorale est en principe interdite au Sénégal mais dès le début de la campagne on en a retrouvé de plus en plus dans le paysage médiatique. Nous nous sommes interessé à une étude plaçant un des candidats en tête des intentions de vote. La conclusion est qu’elle n’avait absolument rien à voir avec un sondage.

Macky Sall franc-maçon ? Cette photo n’en était pas la preuve.

Quand la vidéo de campagne de Ousmane Sonko est manipulée…

Une vidéo prêtant de faux propos au candidat à la présidentielle Ousmane Sonko a durant un certain moment circulé, relayé notamment par le camp adverse en période de campagne

24 Février: jour de scrutin et d’infox

Le 24 Février a marqué l’apogée des fake news. Dès les premières heures et avec les premiers résultats issus de la Chine des médias ont même été pris dans le piège de résultats fictifs venus de partout. La synthèse dans cette vidéo.

Macron et son message de félicitations

Dès le début nous n’aurions jamais cru que les internautes y croiraient encore moins des médias…

Et pourtant certains dont l’influent Gfm sont tombés dans le piège…..

Macky Sall et le fameux enregistrement secret du complot

Il suffit de peu pour créer une fake news de grande ampleur. Celle de l’enregistrement secret de Macky Sall est sans doute l’une des plus grosses et paradoxalement facile à vérifier.

Présenté comme une preuve de la volonté du Président sortant de manipuler les résultats du scrutin juste avant leur publication ce n’était ni plus ni moins qu’un extrait d’interview datant du 31 Décembre 2018.

« Briguer »: le mot qu’il ne fallait pas utiliser

Beaucoup d’internautes ont estimé que des médias étrangers notamment français avaient anticipé sur les résultats de l’élection. Sauf qu’il s’agissait d’une erreur de compréhension d’un seul terme. Ah oui. Un dictionnaire de maison. Ça aide.

Pendant ce temps, le piratage de Birahim Seck, leader du Forum Civil à qui il a été prêté des déclarations issues d’un piratage de son compte Facebook.

La fausse note « Me Moussa Diop » et les infox sur la réaction des Mourides

Entre confusions et hors contexte, plusieurs vidéos ont émergé juste après pour illustrer une réaction violente des fidèles de la communauté confrérique Mouride suite aux propos du Directeur de la société publique Dakar Dem Dikk et responsable du parti au pouvoir faisant état de sa frustration face à la défaite de son parti. Beaucoup étaient fausses dont 2 très répandues.

Et pour finir, une fausse manifestation qui n’a pas eu lieu à Ziguinchor après l’élection mais plutôt des mois avant !

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