Mer rebelle, Terre docile. 

C’est dans les communes de « Kab Gaye » et « Diokoul », dans la région de Louga, que sont administrativement écartelées et respectivement nichées Lompoul sur Mer et Lompoul Village. 

La première, localité au nombre d’Habitants inconnu de son édile depuis le dernier recensement de 2005. Les 3.000 habitants semblent largement dépassés depuis le temps et la vague de Guet Ndariens et autres « migrants » venus tenter leur chance avant de s’installer définitivement dans la contrée de… « L’Homme Peulh » ? En tout cas pas seul à côté notamment de Wolofs même s’il y demeure majoritaire. 
Une brise qui vous caresse les narines et vous chatouille les poumons en guise de réponse et conseil d’amadoueur à l’exil de Dakar et sa pollution
A moins d’être un excellent nageur, profitez de la belle vue et surtout d’une pleine vie préférable à une baignade hautement dangereuse du fait des anfractuosités sous-marines et d’une éventuelle plongée en compagnie des congénères chanceuses des nombreuses méduses échouées sur le rivage.
Lompoul sur Mer, Lompoul Village, Lompoul, résidences d’âmes paisibles dans des corps radieux.
Des hommes qui refusent l’oisiveté mais aussi des femmes meneuses de tous bords débarquant le poisson, déchargeant et espérant retrouver parmi les « Kiri Kiri », « Sompatt » et autres « Tapandaar » d’une aire marine encore (moyennement) poissonneuse, leur homonyme « Capitaine », entre les « nombreux indésirables » « Yabooy ». 
Pas de belliqueux, pas de coupe-coupe déployés à bout de bras prêt à sectionner un autre moins agile. Les stéréotypes s’en trouvent dégarnis mais ici la haine et l’animosité sont rangés dans le fourreau de la coexistence pacifiée entre communautés. 

Loin d’être « Khonk Yoye », (rouges et frêles) du nom caricatural d’un village situé à quelques bornes de là, ceux qu’on peut y retrouver, grosses bottines et capes en toile, ce sont des gaillards à la morphologie sculptée par le débarquement des pirogues artisanales au rythme de cantiques propres aux pêcheurs Lebous « Sireeeey, Siré !». Ici, « Kâ », « Dia », « Bâ », « Sow » ont « le vent en poupe » dans la marée du plus de 500 navigateurs locaux détenteurs de permis. Que de patronymes peu connus en matière de pêche au Sénégal voire … des poissons eux-mêmes. Insolite tout comme la réponse de Malick Bâ, conseiller municipal : « Si vous voulez vraiment parler d’élevage intensif, allez ailleurs qu’à Lompoul sur Mer ». 
Ces propos auraient pu être valables pour toute autre activité n’eût été Mamadou Dia, Harouna Bâ et consorts sous l’instigation des

premiers éléments des « Eaux et Forêts » précédant les actuels Sergents Thioune et Ndiaye, il n’aurait jamais été possible, en effet, de parler à l’heure actuelle de Lompoul sur Mer sans évoquer sa quasi-submersion » par les dunes de sable. 

Sergent Thioune à droite et Ndiaye à gauche

Si la zone est aujourd’hui vivable, l’activisme des GIE constituées dans les années 1970 pour prolonger la formation de la bande de filaos s’étalant le long de la Zone des Niayes y est pour beaucoup.

Une peine pas perdue vus les fruits financiers issus de l’industrie de la coupe d’un bois dur, aujourd’hui prisé mais tout de même exploité avec responsabilité et/ou contrôle.
De quoi rajouter aux occupations rémunératrices qui sont pour beaucoup dans la « désertion » des classes supérieures au B.F.E.M : presque tout le monde travaille sur place, la plupart dans l’informel et les rares qui quittent le village ne seraient « partis que pour rejoindre des bureaux ou emplois sûrs… ». 
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….Et tiède telle la chaleur ambiante, à 8km de la Grande Côte et de sa Mer, à l’intérieur des « Khaïmas », tentes similaires à celles des nomades berbères au milieu du Désert apprivoisé par les acteurs touristiques et leurs campements : les « EcoLodges ». Véritables attractions apparemment méconnues des nationaux, à part le Festival du Sahel qu’il n’a plus abrité depuis 2 ans, mais qui valent le détour dans les pistes sinueuses frayées par les dromadaires motorisés en attendant que les caravanes de convoiement en dos de chameaux, compagnies archaïques de transport locales gérés par les riverains, ne prennent le relais. 

©ecolodge-senegal.com
Relais que se donnent le long de la plage, les habitants des hameaux parmi les 45 villages que compte la commune, bordant la mer, manquant de tout, ou presque, plus que tout le monde comme Saly et Thiougoune à 5 et 8km de Lompoul sur Mer.
L’activité sportive fébrile en ces lieux est remplacée pour certains, notamment plus âgés, par les multiples va-et-vient, aller-retours exténuant, les deux pieds dans le sable de mer éprouvant. De quoi se garnir les mollets car les deux talons d’Achille de Lompoul, la santé et le transport, sont tous, pour le moment, faibles. 
Aucun autre moyen de locomotion hormis le transport en bordure de plage grâce à des charrettes ou quelques rares camions vieillissants de passage près des quelques Motos Jakarta. Plus accessibles, les déplacements via des « calèches » rudimentaires aux éternelles esquives de l’embourbement sont des plus aléatoires car envisageables qu’au gré de la remontée mesquine des vagues sur le rivage.

Pour ces ruraux, au vrai sens du terme, comme pour les autres Lompoulois, le mot d’ordre sanitaire est implicite: « Gare à celui qui tombera malade ! » 
Difficile de concevoir des parturientes obligées d’accoucher loin d’un lit d’hôpital de Kébémer situé à 37 Kilomètres quitte à subir avec regret, fatalisme et indignation passive les possibles conséquences comme la perte, telle Diary Sow de 4 bébés mort-nés ou avortés par défaut ou plutôt éloignement d’assistance médicale.
Une « Case de Santé » prévue pour la fin de l’année à Lompoul sur Mer dont l’inauguration sans doute en grande pompes, devra cependant être précédée d’une conjuration du sort subi par le Centre sanitaire de Lompoul Village qui accueille et « oriente » par son décor de portes closes et rouillées en signe de longue léthargie après à peine quelques années de service.
A l’heure actuelle, le seul moyen d’évacuation d’un malade quand il ne peut tenir sur ses pieds reste une des inconfortables et souvent surchargées guimbardes de Baye Thiam Bâ et ses collègues sur des

routes tout de même modernes comme le projet avorté de faire de Lompoul une nouvelle ville sous l’ère des « fantasmes » de la Gouvernance Wade. 

Pour l’instant, le projet de transport en commun est lui aussi congelé. Une fraîcheur que n’a pas connue la Chambre froide du Centre de Pêche de Lompoul depuis des lustres pour cause d’une machine en panne en face d’une autre neuve mais qui moisit depuis 3 mois en attendant l’aval du Ministère de tutelle et l’effacement d’une ardoise de dettes énergétiques. 
©PresseécriteCESTI

Heureusement que l’impossibilité de conservation des produits, business des camions frigorifiques, est compensée par la bravoure des femmes transformatrices de Lompoul, parfumées quotidiennement aux effluves de « Guédj », « Yétt » et autres « Kéthiakh ». 

De quoi ravir les gastronomes locaux  et traditionnels. En outre, si les talents de cordon bleu sont reconnus aux voisines saint-louisiennes, les lompoulois ont, eux, tout ce qu’il faut pour de succulents Thiébou Diène Penda…« Kâ ».
Poissons frais, fumés et séchés à suffisance, les autres agréments (naturels) de la liste de provisions survolent le panier à condiments de la ménagère lompouloise.
Grâce à une terre fertile et propice à une végétation qui se fond presque dans le décor et même derrière les habitations, les légumes font  foison : l’activité principale après celles corollaires à la pêche, c’est le maraichage
Le chou, la tomate, la carotte, l’oignon, le haricot vert… sont un véritable business à la rentabilité décelable par leur omniprésence à presque chaque étal du « Louma » de Lompoul, marché hebdomadaire se tenant tous les Mardis.

Du monde au « Louma » de Lompoul sur Mer
Pas étonnant que les 80 % de la production horticole sénégalaise proviennent de cette Zone des Niayes, bande d’une longueur de 180 km, aux conditions naturelles privilégiées dont bénéficient les villages environnants. 
Lompoul Village ne dira pas le contraire à part les voix discordantes de ses deux porte-parole. 

Deux panneaux au bord de la route, indiquant chacun le prétendu Chef du Village
Fort heureusement que peu importe le nombre de Chefs pour un Village, les locaux ont déjà opté pour le descendant du compagnon de leurs aïeuls et non de leur ethnie.
En attendant une autre vie où seront peut-être clairs les pas et piquets du premier à s’être installé sur les lieux.
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