Passée l’explosion de la ruche politique qui a permis l’émergence de 47 listes pour ces Législatives, il aurait été bien souhaitable que la campagne électorale avère un souhaitable enrichissement du débat préélectoral. 

Une dizaine de jours s’est écoulée mais tout porte à croire improbable la réalisation de ce timide vœu pieux. 
Tout porte à croire également que la malédiction du Sénégal n’a jamais été politique mais la plupart de ses ressources humaines politiques qui se refusent à la vertu. 
Au point que les « Indépendants » qui font de la Politique en feignant de ne pas le savoir puissent avoir pour slogan de campagne d’exclure les «Politiciens » du Parlement. 
« Savent-ils même pourquoi ils veulent qu’on vote pour eux ? » disait-une spectatrice de sa toute nouvelle série comique qui lui permettait enfin d’avoir l’envie de regarder la chaîne publique (d’Etat) : les déclarations des différents candidats aux Législatives.
Temps de passages devant les démotivés potentiels votants souvent (malheureusement) gaspillés en profession de foi et promesses d’actions impossibles à réaliser par un simple, mais tout de même, financièrement cher député
Des listes minoritaires d’ailleurs médiatiquement brimées par le « buzz » malsain du « 5 Majeur », aucune d’entre elles en Une ni titre principal de bulletin d’informations malgré les nombreux « efforts » d’équilibre. Nombre sont encore aux antipodes de la réverbération des listes « plébiscitées » et le syndrome du « vote utile » risque de léser plus d’une liste peu importe sa qualité de projet parlementaire si toutefois il existe. 
Car l’essentiel semble avoir été totalement oublié et ce avant même le début de la campagne électorale. 
Ça mobilise, harangue, attaque le rival, se fait applaudir et clamer son nom puis… rentre. 
Rien de plus, rien de moins. 

L’émotif est convoqué et le raisonné et raisonnable refoulé au fin fond de sa position de Sénégalais Lambda dans cette arène de lutte politique où le Public ne vient assister qu’au « Bakku » du Gladiateur politique. 
Une double question d’assurance tout risque d’errements est pourtant opposable aux différentes figures de proue de cette Pirogue politique à la dérive:
Va-t-on à l’Assemblée Nationale pour y servir passivement et aveuglément les intérêts d’un Président de la République ? 
Ou veut-on y aller pour « tenter » de bloquer systématiquement (dans la mesure du possible) l’action d’un Gouvernement ? 
Par ailleurs la théâtralisation de la campagne, acceptable du point de vue marketing politique, a fini par friser cependant la comédie au regard des démarches aux airs de « Déjà vu » très très artificielles. 

©ODIA
Un homme politique en train de concocter la couronne de mousse auréolant les tasses de thé pour des jeunes ou jouant au baby-foot devant des badauds ébahis tels les passagers ayant reçu une « visite télévisée » dans leur bus de « transport en surcharge » ça donne envie de garder une photo souvenir pour ceux qui dans 5 ans se demanderont comment voir de leur yeux les traits de visage de leur Député devenu autant introuvable qu’aux sessions de l’Assemblée Nationale. 
Théâtre auquel s’ajoutent les inaugurations devenues tout à coup fréquentes comme par hasard électoral auxquelles se greffent des promesses de projets d’infrastructures faites par des Ministres et autorités gouvernementales ayant naturellement oublié que l’objet de leur opération de charme est un siège de Député.
La dernière trouvaille de certains souteneurs de leaders politiques est,elle, des plus équivoques : « Pas de campagne dans mon fief ! ». 

Finie la défense des intérêts de sa circonscription, de ses compatriotes à l’Hémicycle, par le Parlementaire, ceux qui veulent l’être sont promues propriétaires par leurs affidés au point que l’argument puisse être utilisé comme justificatif d’une réplique à l’aventurier ennemi. 
Ce dernier présumé auteur de la « provocation » est par ailleurs non exempt de reproches de par son cortège de gros bras aux mêmes armes rustiques et urbaines que « l’ennemi », comme si la confrontation était prévue ou préméditée de manière implicite et la violence explicitée à chaque fois que d’occasion sous le regard de caméras dont ne s’émeuvent plus les boucliers humains des leaders politiques. 

Chairs à canon exclusivement originaires de la même jeunesse sénégalaise dont le taux de chômage, « d’oisiveté errante » est des plus critiques et encore plus grave pour ceux diplômés. 
Des bagarreurs, crieurs et applaudisseurs sans doute venus chercher en  « Ndiaga Ndiaye » leur part du pactole ayant financé ou acheté ces bolides pimpants et cette sonorisation de dernier cri.. d’assourdissement des caravanes de dromadaires d’un autre niveau de luxe et de nuisance auditive. 
À ce rythme (du Mbalakh), le seul tryptique que les populations qui subissent l’harcèlement sonore des caravanes et meetings anarchiques parviendront, à assimiler si ça ne l’est déjà, ce sera le « Couplet-Refrain-Tempo » de l’Hymne partisan.
La solution serait peut-être d’écourter cette mascarade de campagne électorale devenue aussi risible qu’inquiétante surtout avec la nouvelle vague de violences sauvages dont pareilles ont pourtant conduit à l’arrêt temporaire de toutes activités sportives et culturelles, à la suite du drame du Stade Demba Diop. 
Proposition de remède impossible à mettre en oeuvre mais émis subjectivement avec le même plaisir que le malin pris par des investis n’ayant jamais envisagé ni envisageant une seule fois occuper le poste de Député pour lequel ils battent actuellement, et avec une cynique hypocrisie, campagne.
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