À chaque coup d’éclat médiatique quasiment la même raison : le paiement des bourses.

À chaque tir de grenades lacrymogène, à chaque cohue d’étudiants avec des GMI à leurs trousses, à chaque bataille désordonnée et destructrice qui, finalement, sert presque d’exutoire au stress latent dans tous les campus une seule et unique raison : le paiement des bourses.

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Tellement habituel que même les riverains de l’avenue Cheikh Anta Diop ou de la Route nationale jouxtant le portail de l’Université de Saint-Louis ne s’en émeuvent plus.
Encore et toujours une grève des étudiants pour le même motif !
Des pierres, des barricades, des bouchons, des détournements de véhicules, des déclarations va-t-en guerre contre de autorités non respectées comme irrespectueuses de leur parole et tout ça pour une « banale » histoire de non-paiement de bourses qui ne serait jamais devenu sérieuse avec un minimum de dilligence.
Et toujours le même stéréotype de l’étudiant cupide, prompt à ne bousculer la quiétude des honnêtes citoyens que lorsque ses intérêts pécuniaires sont en jeu qui perdurent plus à tort qu’à raison. 
Si comme certains le disent, la bourse n’est pas un droit absolu mais plutôt une allocation d’études jamais on ne se demande si son paiement est un devoir du moment que leur État leur  a promis par arrêté d’y procéder selon des règles bien définies même si d’année en année les filtres sélectifs à l’interne comme à l’externe rétrécissent le nombre de potentiels candidats au fil des réformes qui au demeurant ont déjà été digérés dans la douleur.
Nul n’a peut-être le droit de prétendre au maintien d’un règlement mais chacun a le droit d’exiger un minimum de son respect surtout lorsque les raisons de son inapplication sont rarement expliquées valablement.
L’entente est basée sur des duperies où l’autre partie joue à se donner plus de temps.
Seule alternative pour les étudiants, se faire entendre à tout prix! 
N’en déplaise à ceux qui estiment encore que d’autres formes de revendications sont possibles, la brillante capacité de réactivité des autorités uniquement après semis du désordre ne peuvent que faire prospérer MALHEUREUSEMENT une telle logique qui s’est avérée avec le temps.

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Si le problème est que leur État ne peut soit disant s’acquitter de cette charge ou investissement (c’est selon), qu’on débatte alors de l’opportunité d’allouer des allocations d’études et qu’on adopte fort probablement après forcing sa suppression pure et simple.
Une solution est là si l’on a peur de prendre une initiative: qu’on espère voir en ce Sénégal des stages « bénévoles » un environnement économique propice où le job d’étudiant quasi-introuvable permettrait un quelconque financement des études supérieures ou son remboursement après son embauche à la rue comme chômeur vendeur de thé.
Soit on supprime les bourses (après avoir supprimé les étudiants…) soit on s’engage à les payer à date échue pour éviter tout désagrément dont l’enseignement supérieur se passerait bien en ces temps-ci.
Fâcheusement, la perception apparente qu’en a l’autorité, malgré ses assurances de la considération de l’étudiant, ressemble à celle du mécène qui se targue de donner la charité chaque matin et blâme l’outrecuidance des mendiants qui osent se dresser 3 jours sur 7 sur son chemin pour réclamer leur pitance journalière le jour où il déciderait de ne pas s’en acquitter.
52 milliards pour 80.000 étudiants, « l’équivalent de ce que le Sénégal a besoin pour atteindre l’autosuffisance en riz » disait le MESR s’attendant à plus de reconnaissance des étudiants vis-à-vis de l’État, de LEUR État comme si besoin était de le rappeler.
Par contre besoin est de rappeler que cette manne à cause de laquelle on estime que les étudiants n’ont pas le droit de remuer la langue, est égale à juste un peu plus de la moitié du budget en hausse cette année (88 milliards) de la Présidence de la République de leur Etat.
Pour l’instant il s’agit d’un devoir qui peut se passer de l’humiliation au niveau de certaines agences d’une banque qui malgré ses gains pousse la discrimination jusqu’au guichet automatique pour « Particuliers » avec exceptions pour « Étudiants », ces clients d’un autre acabit dont on acquiert le marché de bancarisation des bourses sans pour autant leur réserver un traitement meilleur que celui des étudiants (pour ce qui concerne Dakar) venu recueillir leur maigre « aide » au Camp Jeremy après moults veillées et exposition au regard des badauds qui passent devant cette foule de « Misérables têtes brûlées ».
Décidément les fameux Contrats de performance semblent n’être que le propre des Universités et non des parties contractuelles de l’État qui,  elles, peuvent se permettre tous les écarts.
Penser dès ce moment que 18.000, 36.000 ou 60. 000frs pour de rares chanceux sont susceptibles de maintenir un étudiant dans une situation aussi chaotique que celles universitaire relève de la ridiculisation de ses ambitions.
Entre mauvaises conditions d’études, humeurs des Professeurs, bouleversement d’un calendrier dont on court toujours derrière la régularité, et les retards contestés de paiement des bourses comme dernière rature sur une copie d’examen mal débuté, rien ne donne envie de continuer la plongée dans une abysse où on peine à toucher le fond. 
Effet pervers, la théorie complotiste sur l’envie d’une « main » invisible de tout faire pour désengorger le milieu universitaire  qualifié à tort de « surpeuplé » risque d’être encore plus plausible pour certains.
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