2 Minutes et 30 Secondes de Silence…
Pour entendre le son de cette case qui brûle
De cette machette qui mutile, le bruit des rafales et des hurlements d’enfants à leurs parents
L’effet de ces balles qui sifflent aux frêles oreilles de ceux qui fuient leur maison
Le son de cette bombe qui détone et la gaieté d’un marché tout d’un coup changé en cimetière à ciel ouvert
Pleurs et drames, angoisses et cris
Rien de pire qu’une bombe pour pilonner un bonheur 
Eparpiller des vies de famille, enfouir des avenirs sous les décombres d’un immeuble syrien
Au désarroi seul le désarmement peut parer 
Mais les plus désespérés s’emparent des armes vendues par ceux qui prétendent offrir la paix sur tous les fronts sanglants de la planète.
A moins de subir pareilles horreurs, se plaindre est un luxe, verser une larme devrait être une exclusivité
A chaque jour suffit sa peine, à chaque misérable de subir ses pertes
Quoiqu’il en soit, les peines, les plus dures sont toutes inégales
Il y a ceux qui en ont trop, ceux qui en ont peu et ceux qui n’ont rien à manger
Les arbustes qu’on foulerait au pied sont devenues trop rares pour pallier le déjeuner irrégulier d’une famille sud-soudanaise chassée de son village par la guerre
Rien n’y fait, la compassion dans ce monde est au désert de sentiments cette eau introuvable qui coûte la vie à ce migrant abandonné par ses passeurs dans le Sahara
Pendant ce temps, le loisir nous noie comme la Méditerranée dans une Mer d’indifférence
L’humanité devient folle et dans sa furie meurtrière l’idéologie prime sur la sensibilité
Elle ne ressent plus, ne voit plus et se plaint qu’on lui fasse beaucoup trop écho dans les infos de massacres
La misère du Monde est trop grande pour un petit écran, trop bruyante pour une fréquence de radio, trop volumineuse pour tous les tirages de journaux
Les médias se lassent, les morts se tassent et à la fin on se réjouit à l’autre bout du monde de ne pas se faire gâcher ses soirées
Tant que ce n’est pas son mari que l’on assassine devant ses yeux
Tant qu’on vit sans avoir à craindre un viol systématique de sa sœur
Tant que ce n’est pas une décharge à ordures qui sert de cache de nourriture à de jeunes yéménites affamés par une guerre dont ils n’auront peut-être jamais l’occasion de connaître la raison
Tant qu’on a la chance de ne jamais croiser le regard d’un bébé mourant à petit feu face à un sein desséché par la famine
Si vous ne pouvez parler pour changer leur sort, vous vous serez au moins tu le temps de lire cette vidéo dans ce torrent de violences, 
A la mémoire des « Oubliés du Monde » et pour tout leur courage face à un destin inhumain
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