Dans la Chronicature 018, « Une banale histoire de bourses », nous disions au plus fort de la grève des étudiants, que jusqu’à réforme les supprimant, payer les allocations d’études à temps, était « un devoir qui peut se passer de l’humiliation au niveau de certaines agences d’une banque qui, malgré ses gains pousse la discrimination jusqu’au guichet automatique pour « Particuliers » avec exceptions pour « Étudiants », ces clients d’un autre acabit dont on acquiert le marché de bancarisation des bourses sans pour autant leur réserver un traitement meilleur».

Depuis, le problème à l’origine de ce mouvement d’humeur a été réglé. 
Vu malheureusement, le silence qui entoure l’autre qui lui est intimement lié, sa résolution pourrait faire sans grande surprise l‘objet des mêmes manifestations regrettables de la part d’étudiants poussés à bout.

Scènes habituelles à l’Avenue Cheikh Anta Diop: des têtes baissées, des dos tournés aux voitures, pour préserver un semblant de discrétion résolument déniée par Ecobank tout comme cette place, fût-ce pour être debout, à l’intérieur climatisé de cette agence qui refuse d’ouvrir ses portes encore moins de nouvelles.
Listes d’attente débutées la veille à 18 heures, veilles de nuit, rappels militaires à 4h du matin, cas de corruption pour réserver une place indue, bagarres regrettables… vraisemblablement Étudiant n’est pas égal à client dans la conception pratique d’Ecobank.
Cartes Gab quasi-confisquées, accueils des moins appréciables, agences réservées uniquement aux « particuliers » et non aux « malpropres » détenteurs de cartes bleues « par effraction » malgré les succursales dédiées insuffisantes.
On paie non pour être servi mais pour souffrir.

Le forFait lui est accompli, depuis bientôt 7 ans. et malheureusement il est ancré dans l’esprit de nombre d’’étudiants que ceci entre dans l’ordre des choses.
« C’est compréhensible, c’est une seule agence pour toute l’université » m’a-t ’on une fois dit d’ailleurs, tout de go. 
Du moment que la petite somme qui fait espérer au point de justifier toutes sortes de désobligeances est au bout du calcul, le fameux « Mougn » peut bien faire le compte pour certains.
 

Et pourtant, la « Banque panafricaine » devenue spécialiste de la bancarisation des bourses sans pour autant améliorer son service estudiantin traîne un passif peu reluisant.

« Chez nous on paye 3.000 francs à des gens qui font la queue devant -vous l’aurez deviné- Ecobank ! » m’a dit une camarade béninoise.
Tour du Web, mêmes impressions, mêmes reproches pour ceux ayant vécu son expérimentation au Mali.
 
Cela étant, autour de ce deal aux lignes occultes, du moins pour les représentants d’étudiants, le silence de l’État, est suspect face au quasi-échec de sa décision d’externalisation des dépenses.
Sa volonté de se débarrasser de la trop grande charge de distribution des bourses a finalement abouti non à leur résolution mais à une délégation des problèmes y afférents… accrus depuis 2011.
 
Cette même année où le Directeur des bourses affirmait ceci : « le système de paiement par guichet automatique a réduit les bousculades devant les guichets où l’on ne voit pas de longues queues. « La bancarisation ne visait pas exclusivement le retard de paiement, mais aussi l’assainissement du système de paiement. Celui-ci est beaucoup plus sain. L’étudiant, pour percevoir sa bourse, n’a plus besoin de se réveiller à 3 heures pour faire la queue ni faire des combines ». Rires… 
Une seule situation est comparable à celle vécue par les riverains de l’avenue Cheikh Anta Diop et il s’agit de celle observable au détour du Camp Jeremy à certaines périodes de l’année.

(Par ailleurs, la boîte à commentaires sous ce post sera peut-être mis à profit pour recueillir les témoignages des pensionnaires de l’ UGB ou de l’UASZ entre autres, sur un problème qui n’est pas propre aux seuls étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop.)

Il est inimaginable que la prestation soit source de déficit pour l’attributaire du marché au point que sa posture soit pardonnable mais il est à se demander s’il a été omis de mentionner la qualité du service dans les termes du contrat qui la lie avec l’Etat
Sinon, pourquoi ne pas envisager une révision voire une fin de cette collaboration désastreuse si la principale concernée, pas encore à la hauteur, ne réagit pas efficacement ?

P.S: Nous sommes toujours en attente de la réponse d’ Ecobank à notre demande d’interview…

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