C’est une illusion que de penser faire partie d’une société civile non militante mais apte à faire sortir l’Etat de sa léthargie avant qu’un drame ne se produise, d’une opinion publique active et pas uniquement émotive et oublieuse après l’occurrence idéalement exceptionnelle finalement récurrente de ce même drame.

Pour celui-ci, tout « frais », la rapidité de la trame de l’effacement mémoriel est plus violente puisque tout impliqué que je sois, je la ressens avec impuissance.
Moins de 48h après le drame, moins de 3 heures après l’inhumation de Fallou Sène: Aliou Cissé’s Gate et les 23 mousquetaires dont, soit dit en passant je n’ai bizarrement pas eu écho de message sur Fallou Sène. 
Je ne leur reproche absolument rien, ni à vous qui vous sentirez visés, quelle légitimité ai-je pour le faire ?
La vie continue… Sauf qu’elle s’est arrêtée ailleurs. Pas seulement pour Fallou Sène mais pour une épouse, un père, une mère, un nourrisson qui ne connaîtra que plus tard la raison du ballet humain s’apitoyant actuellement sur son sort comme comme nos parents si ce malheur venait à s’abattre sur nous ou notre proche.
Sauf qu’à part sa famille bientôt abandonnée « Fii kou dé yaa niakk ». 
Allez, donnez-nous un os médiatique qu’on s’y rue tous, que celui qui n’y a jamais été pris lève la main! 
J’ai relu hier et aujourd’hui les communiqués ayant suivis la mort de Bassirou Faye, des 8 Mbourois au Stade Demba Diop, de l’étudiant diourbellois, des Talibés de la Médina en 2013, de la petite Aicha Diallo, vous vous souvenez ? de l’hôpital de Pikine ? La similarité des passages faisant référence aux sanctions est désespérante. 
Elles auront tout de même fait l’effet espéré je présume.
 
Affaire Stade Demba Diop 
On se rue sur l’homme aux fameux commentaire macabre, le Procureur tout enthousiasmé demande à ce qu’on les balance tous, allez, donnez-lui les captures d’écran, on suspend le club de Ouakam, justement qui suspend, qui organisait, qui d’ailleurs encadrait et comment ? Pas de réponse, qui la demande d’ailleurs !
 
Affaire Papis Gelongal :
C’est l’emoi, le Président affirme courageusement sa « décision » de faire revoir le contrat, presque parfait, à part un chroniqueur de la Rfm, qui quelques jours après indexe, avec inélégance, car à titre posthume, Papis Gelongal pour s’être assassiné par sa non-vigilance tout en s’offusquant quasiment de la grande gueule des sénégalais. 
Orchestration en parallèle d’une campagne médiatique avec en tête de file la Presse gouvernementale et ses journalistes, aînés désavoués après m’avoir motivé à nourrir cette vocation, qui se récusent dans la pratique volontairement: est-ce donc grâce à la mort de citoyens qu’un État sait où et comment il se doit d’agir ? D’ailleurs, cela veut-il dire qu’il n’y aurait pas de faute humaine antérieure ?
 
Affaire Fallou Sène à suivre et pour l’instant, comme pour les cas cités précédemment, pas de pression collective achevée ni d’action majeure si ce n’est la symbiose de nos indignations virtuelles.
 
Au prochain rassemblement, s’il aura lieu, sourires et crépitements de selfies, on se réjouira d’avoir été là et puis ce sera tout, par pure suffisance. Ceux qui voudront le buzz l’auront, ceux qui voudront du crédit à leur opposition au parti au pouvoir l’augmenteront, les seuls crédules venus avec de bonnes intentions rentreront désabusés et plein d’interrogations sur l’opportunité d’une lutte et des leaders qui’ils auront suivis d’une part; d’autre part aucune reconnaissance de responsabilité de la part des autorités impliquées, aucune excuse franche, aucune démission à fortiori.
 
Une seule est réelle. La nôtre.
Autant nous n’avons anticipé la perte d’un homme brillant en faisant tout notre possible pour dénoncer cette obscurité combinée à la mobilité animalière sur cette portion de l’autoroute, autant nous n’avons cherché à savoir dans quelles conditions elle était concédée, autant nous n’avons toujours pas anticipé le sort des plus malchanceux de ces milliers d’enfants laissés à eux-mêmes et leurs exploitants à Dakar, encore moins les conséquences de ces véhicules de transport en commun surchargés qu’aucun d’entre nous, dans le secret de sa conscience invisible aux réseaux sociaux, ne fait le choix de ne pas emprunter, autant nous n’avons jamais agi contre cette sélectivité répressive sur tous les plans opérée par les différents régimes en attestent les rapports incriminants de la Cour des Comptes, de l’Armp ou encore de l’IGE réquisitionnée aujourd’hui pour faire la lumière sur le traitement des bourses. 
Est-ce donc aussi nouveau tout ce problème des allocations aux critères d’octroi durcis ? N’avait-on pas dit urbi et orbi qu’elles seraient désormais payées avant le 05 de chaque mois ? N’a-t-on pas signé un contrat clair avec ceux ayant proposé leurs services ? Ne devaient-ils pas être de qualité ou est-ce parce que les étudiants censés en bénéficier ne les méritent pas comme on peut le sentir dans de nombreux discours ? 
Qui n’est jamais passé par l’avenue Cheikh Anta Diop depuis des années, n’a pas croisé ces étudiants massés tels des bêtes de foire devant Ecobank, le camp Geremy ? 
 
C’est cette colère décuplée par leur misère qu’il déversent à chaque ultime provocation, cassant tout ce qui leur appartient, délibérément, car la foule furieuse est folle quand elle se défoule et se fait de surcroît réprimer aussi sauvagement par des forces de l’ordre totalement alorq là totalement impunis.
 
Ceci est un aveu d’échec. Elle reprend le brouillon d’un texte inachevé il y a une semaine : « Chronicature 024 : Action-Réaction » pour plagier le reflet humain de notre passion du spectacle Mbaye Dieye Faye, «-Oubli» j’avais omis ce mot pour caricaturer le mode d’opération de nos autorités en oubliant notre cas. 
 
Vous ne l’avez peut-être pas noté mais depuis le début je ne parle que de cas et d’affaires. 
Elles sont à classer, sans suite donc pour ne pas sortir du champ lexical du pessimiste ni de son contexte sociétal. 
Dorénavant je le demeurerai… jusqu’à preuve du contraire… sans y croire.
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