Qu’on l’aime ou pas, Macron c’est Macron. Il dit ce qu’il veut, élude souvent des faits, clame tout haut sa perception des choses malgré certaines contradictions dans l’historique de ses discours Par ailleurs en vouloir à son ton condescendant est une réelle perte de temps. 
Jupiter est sur sa planète de « bien-pensance ».
Qu’il nous (re)parle donc d’un « problème » démographique, frein au développement de l’Afrique ne devrait pas autant choquer outre-mesure. 
L’insulter ne sert à rien tout comme passer notre temps à injurier ou avilir son prochain à chaque désaccord (ça n’a relativement rien à voir mais fallait que ça sorte). 

Pour revenir au Président français, on aura beau s’en insurger, il savait avant de les tenir que ses propos créeraient une polémique à durée plus longue que le temps entre ses intermittentes visites en terre africaine. Ce n’est sûrement pas le tollé suscité par la déclaration d’Hambourg qui ferait penser le contraire. Il s’agit d’un point de vue qui peut s’entendre et que nombre d’Africains, au sommet, partagent même s’ils ont peur de l’affirmer et s’engouffrent dans la brèche dès qu’elle est ouverte. Le timing des parlementaires de la CEDEAO en avait d’ailleurs surpris plus d’un l’année dernière.

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Et c’est peut-être ça le problème. Nos sujets de débats les plus cruciaux, nos problèmes, nos « solutions » sont posés, discutés, avalisés ailleurs, par d’autres personnalités dans d’autres instances que celles directement concernées et pour lesquelles nous avions voté, par extension, dans d’autres plateaux d’autres média par d’autres journalistes. 
Peut-être plus pertinents, peut-être plus inquisiteurs ou moins enchaînés que ceux de nos « Médias d’État » mais encore faut-il pour en avoir le cœur net que l’exercice soit déjà régulier. 

Pendant ce temps, nos gouvernants se taisent sur la question ou agissent en silence. Si on doit les entendre, c’est parce qu’une Institution internationale se félicite de la bonne application d’une de leurs injonctions venue d’en haut, imposée en bas en toute opacité. 
D’ailleurs, la vision de nos dirigeants n’est pas transparente au niveau national sur un certain nombre de sujets et quand elle se perçoit dans les discours de salon et forums internationaux pour ceux qui ont la chance et le temps d’y prêter attention, elle ne s’expose pas clairement à ses destinataires une fois au laboratoire d’application, pardonnez-moi, au pays je veux dire. 

Est-ce par peur de se heurter à des réticences socioculturelles qu’on n’ose pas affronter idéellement parlant ? 
Espérons que non. 
Qui peut bien gouverner en ayant peur de ses électeurs si ses décisions sont bien fondées et explicables ? 

En attendant, ils diront que Dakar avec 23% de la population, ses carences en couverture sanitaire, hydraulique est le symbole d’une démographie qui explose mais pas que le reste du pays, 99,7% du territoire, est en majeure partie laissé à lui-même, fui naturellement par ceux qui affluent vers la capitale pour y trouver le minimum inexistant chez eux. 
Que les ressources budgétaires sont faibles mais pas que les ressources économiques et le potentiel qu’offre la nature ont été exploités à bon escient. 
Que cette jeunesse est mal formée, pas assez qualifiée mais pas comment les sommes à leurs yeux colossales investies dans l’éducation ont été dépensées.
Etc. etc. 
Tout est question de chiffres pré-commandés à faire miroiter à ceux qui ne comprennent pas des réalités africaines plus ou moins complexes ou peut-être pas du tout si on s’y était vraiment pris, si on s’y prend par le bon bout. 

En attendant, la jeunesse en dehors de sa potentielle fonction de bétail électoral apparaît dans les slogans de campagne comme une force « vive », est présentée comme une future masse critique, un capital humain à formater sur lequel les « Vieux » comptent pour impulser le développement de leur pays. 
En fin de compte : choix de politique désastreux, népotisme, corruption, gabegie, clientélisme, amateurisme. 

Autant de vices qui concourent à faire de cette jeunesse issue d’une poussée démographique dans un monde vieillissant ce qu’elle ne peut constituer de facto : une bombe sociale à retardement avec le minuteur du détonateur économique qui approche de plus en plus de l’échéance. 
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