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« Nous n’avons pas un problème de Président »

« Le problème, c’est nous », voilà ce que me confiait cet inconnu  mécontent à un bureau de Poste après une fermeture sans avis ni motif valable de jour férié en veille de Magal, de la quasi-totalité des agences aux alentours, après près de 20 minutes à attendre l’arrivée de notre chère travailleuse après avoir fait le tour de Dakar.
 
« Elle arrive » nous dit le vigile; « elle prend son petit-déjeuner » souffla-t‘il à peine. 
J’en étais tellement surpris et amusé que je lui reposais la question en riant, « vous avez dit petit-déjeuner ? » 
 
À 11h moins, dans un service auquel je ne connaissais pas la tradition de continuer à ouvrir ses portes au-delà des heures indiquées, elle prenait son temps. 
Mon compagnon de galère grognait de colère. Il avait raison. 
La jeune dame se ramenant à son lieu de travail mâchouillant encore son bout de pain faisait tout sauf nous respecter (encore moins en me « confisquant » ma monnaie de 50 Fcfa). 
 
De la conseillère bancaire à l’attitude condescendante (mon solde y est peut-être pour quelque chose 😅) à l’agent d’un certain Ministère m’ayant planté 3 fois en l’espace d’une semaine sans compter le bureau de cette administration nous opposant l’argument du déjeuner près d’une demi-heure après l’heure prévue de reprise de travail, on ne nous respectait pas.
 
Je m’amuse souvent d’ailleurs à observer comment l’apprenti de Carrapide s’y prendra pour me choper les 25 Francs restants de ma monnaie si je ne les réclame ou encore avec quels différents degrés d’assurance je me présenterai devant un même commerçant pour me rendre compte de sa faculté à doubler ses prix, les revenants du Magal seront quant à eux plus à l’aise pour parler des transporteurs. 
 
Tout ceci, vous pouvez raconter vos expériences personnelles dans les commentaires, relève moins de la roublardise, moins du truandage, moins de la paresse de travailler que du manque de respect.
 
Quand encore, dans Cash Investigation, je vois cet employeur Italien, comme d’autres ailleurs dans le monde, se vanter de ne prendre que des Sénégalais à cause de leur respect du travail, je dois avouer m’être posé une question :
 
Ceux sérieux ont-ils déserté le pays ou est-ce la majorité de ceux restés ici qui ne respecte pas leurs semblables ? 
 
Je penche personnellement pour la deuxième hypothèse.
La série de défections notées dans l’opposition n’est peut-être que le reflet du manque d’égards d’une partie de « l’élite » envers l’opinion et ce qu’elle peut bien penser de ses agissements.
 
On se positionne comme acteur politique (majeur serait trop dire),  pour ensuite voguer là où les intérêts mènent à la Salle des Banquets du Palais désacralisé de la République. 
Dans le fond, il s’agit plus, beaucoup plus de trahison de principes  tout haut clamés auparavant que de changement de prairie, oups, camp politique auquel je trouve anti-démocratique de s’opposer. 
 
L’une sinon l’autre, si la résolution des motifs de la virulence d’antan n’est pas mise en exergue comme explication au revirement, une des 2 formes du discours n’a sans doute jamais été sincère. Quand ce sont des paroles données sur des livres sacrés qui sont remises en cause, je laisse la latitude à un Autre de juger.
 
A chaque conférence de presse ayant succédé une « transhumance », il n’y a que la preuve d’une impréparation totale à la question de savoir quelle est la raison de la nouvelle alliance politique. 
Autre que le profit du pouvoir, il n’y en a jamais dans le fond. 
Quant à la formule grandiloquente de la « participation à l’exercice du pouvoir pour un Sénégal meilleur » etcetera etcetera etcetera… elle sonne souvent aussi creux que le bruit des applaudisseurs de toutes circonstances.
Et en eux se trouve peut-être la clé…des champs pour la tête de file.
Le problème n’est nullement les leaders mais les suiveurs à la même démarche que les moutons de Panurge. Seulement, ils sont plus réfléchis car ne se jetant que dans la Mer des billets du contribuable.
 
Il y a également les autres dont l’avis ne compte pas car le respect de soi-même s’impose et ça un homme du sérail politique sénégalais le sait.
La grande capacité à se faire oublier, soutenir, cautionner sa démarche aussi incohérente soit elle comme en témoigne une persistance de certains dans les cercles du pouvoir est symptomatique de valeurs d’un système dont nombre d’hommes politiques savent bien qu’elles ne sont pas près de changer.
 
Surtout que la capacité des entourages à mal conseiller la personne qui en a le plus besoin se retrouve partout, du Sénégalais lambda, auquel on demande de renoncer à des principes trop durs à tenir dans cet environnement, au Chef de l’État vraisemblablement.
 
La volée de critiques ayant suivi son voyage au « Davos du Désert » en compagnie du grand Prince, découpeur royal est logique.
 
Le Président sénégalais tout joyeux de se retrouver en premières places.
Mais les premiers rangs étant désertés par ceux que leur opinion publique a fait plier, normal que les seconds couteaux, pardonnez mon langage trop tranché, soient en bonne place dans les images officielles.
 
Qui se souvient encore du soutien impromptu (des représentants ?) de l’État du Sénégal au blocus du Qatar par l’Arabie Saoudite (rapidement rectifié) ?
On n’en aurait pas demandé autant pour cette visite s’il n’en avait pas été ainsi il y a quelques mois tout comme à Paris il y a quelques années.
 
L’attrait des bailleurs, eux-mêmes ardents défenseurs de principes de circonstances (cf. Affaire Skripal Vs Khasshoggi), compte certes, mais il ne doit pas coûter des compromissions coûtant cher à l’image du pays et qui ne sont, de surcroît, qu’excès de zèle de « petits États » se voulant éternellement vassaux.
 
Du moins, agissant comme tels jusqu’à nouvel ordre car le respect, s’il n’est donné, s’arrache.
La visibilité dans la Presse de Moustapha Cissé Lo est le signe d’un respect pour soi-même (et son noble métier) qui se perd.
 
Dans un pays où les Médias peinent désormais à reconquérir voire pérenniser leur crédibilité, voir ses sorties ponctuées d’insultes passer aussi sereinement ne fait que renforcer le manque de respect envers tous les organes (le Sénégal étant le pays de toutes les généralisations abusives).
 
Encore que cette médiocrité, s’affiche pleinement là où de plus en plus de Sénégalais se limitent pour leurs besoins en information : Internet, vaste fenêtre pour des esprits de plus en plus étriqués.
 
La Presse sénégalaise en général est mal barrée mais nous reviendrons sur ces propriétaires de site Internet à faire interner dans une rédaction orthodoxe ou une école de journalisme…
 
Cissé Lô, sur son propre réseau social, s’époumonant à injurier ses adversaires dans l’espace public est bien plus compréhensible (le sieur n’ayant pas un grand degré de pertinence à faire valoir) que des Médias se précipitant pour lui tendre le micro attendant le moment crucial où il se rappellerait à ses bonnes vieilles habitudes avant d’annoncer tout fier son titre « Cissé Lo répète les insultes pour une histoire de clics qu’on ne peut être fier, du moins je pense, de montrer à ses futurs enfants.
Nous n’avons pas un problème de Président mais, chacun, un problème avec soi-même.
 
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