Créée pour répondre aux besoins de régulation pénale d’une société internationale de plus en plus conflictuelle et criminogène, l’idéal visé par les Etats signataires puis Parties au Statut de Rome s’est au fur et à mesure transformé en chimère.
Signature puis refus subreptice de ratification de la Charte, contournement machiavélique de son champ d’action,  « acharnement » ou coïncidence malencontreuse dans l’origine quasi-unique des personnalités poursuivies…la volonté manifestée, par certains Etats révoltés, de s’en retirer, si elle n’est déjà effective, constitue malheureusement l’aboutissement de plus d’une dizaine d’années d’errances et d’incohérences d’une institution bien éloignée des espoirs qu’aura suscitée sa création.

Une Cour, Mille espoirs…
Nous sommes le 17 Juillet 1998, plus d’un demi-siècle après la fin de la  2ème Guerre mondiale et son lot d’atrocités lorsque plusieurs Etats du Monde décident, en écho à la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, de signer le Statut de Rome portant création d’une Cour Pénale Internationale (CPI) dont l’objectif fondamental sera, par le pouvoir pénal qui lui sera conféré, de poursuivre et de juger tout individu soupçonné de génocide, crimes de guerre, crime d’agression et crimes contre l’humanité. A la différence donc de la Cour Internationale de Justice chargée uniquement de régler les contentieux entre Etats, la Cour Pénale Internationale poursuit des personnalités ou hauts responsables politiques ou militaires soupçonné de tels crimes et se distingue des précédents tribunaux pénaux internationaux par son caractère permanent.
L’attente est grande au moment de son entrée en vigueur le 1er Juillet 2002. Défenseurs des droits de l’homme, activistes, opposants politiques, société civile… Tous y voient la représentation d’une communauté internationale liguée contre l’impunité des dictateurs sanglants ou autres criminels de guerre comme l’affirmait Kofi Annan, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque: « Nous souhaitons la voir dissuader les futurs criminels de guerre, et faire en sorte qu’aucun gouvernement, aucun État, aucune junte et aucune armée ne puisse nulle part porter atteinte aux droits de l’homme avec impunité ».
La mobilisation est d’ailleurs plus forte en Afrique dont les Parlements nationaux sont, à l’instar du Sénégal, parmi les premiers à avaliser la ratification du Statut constitutif et dont on compte le plus grand nombre d’Etats-Parties. Un rythme frénétique d’adhésion qui contraste avec la prudence dont font montre d’autres Etats bien réticents à autoriser pour une Cour l’exercice d’un tel pouvoir de contrôle judiciaire sur leurs actions. 

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La Chine, l’Inde, l’Arabie Saoudite, la Turquie ou encore le Pakistan, ils sont une quarantaine d’Etats membres de l’Assemblée générale de l’ONU à refuser de signer l’accord invoquant leur souveraineté ainsi que l’éventualité d’une immixtion de facteurs politiques dans son fonctionnement.
 Pis, certains pays signataires, et pas des moindres, rejettent par la suite toute idée de ratification. C’est le cas de l’Israël qui dénonçait une clause faisant du transfert de populations civiles dans des territoires occupés un crime de guerre craignant que la colonisation juive dans les territoires palestiniens soit jugée comme tel, la Russie dont la non-ratification était d’ailleurs prévisible au vu de son implication dans le conflit en Tchétchénie en fera de même.


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