Plusieurs sites d’information, citoyens et activistes s’en sont alarmés. Le classement est en effet des plus alarmants. « Dakar est la 2ème ville la plus polluée au Monde » selon l’OMS. Une révélation surprenante car jamais il n’avait été publié de données comparatives au niveau mondial présageant pareil état de fait. A la base de cette affaire se trouve pourtant une énorme confusion provoquée par la photo qui aura circulé depuis l’éclatement de cette statistique.

En réalité, Dakar a bel et bien un niveau élevé mais est encore loin des mégalopoles les plus touchées par la pollution (selon l’OMS).


L’infographie provenant du Portail Statista.com, qui rassemble des études et statistiques de plus de 22.500 Sources contenait une note explicative comme l’indique l’astérisque à la fin du sous-titre mais cette partie a été rognée (reste à savoir pourquoi) dans la version qui est visible sur les réseaux sociaux. C’est donc ce qui aura induit toute la toile en erreur car il s’agissait de la mention : « Sélection de villes. Données les plus récentes » par ailleurs exactes qui aurait pu lever l’équivoque pour bon nombre de citoyens l’ayant prise en compte.

Pour arriver à cette conclusion nous avons visité le site et l’article contenant la photo en question
La voilà ci-dessous pour plus de compréhension.

  Il faut relever que d’autres internautes ont bel et bien eu la bonne photo mais n’ont pas pu déceler la nuance évoquée plus haut. 
Il ne s’agissait donc pas du classement de l’OMS mais plutôt d’une sélection de villes réalisée parmi les 2900 répertoriées dans le rapport dévoilé par l’OMS il y a moins d’un mois.

Dans le classement exhaustif réalisé par l’OMS, des dizaines de villes sont largement au-delà de la moyenne dakaroise.  Les villes indiennes sont en haut du classement (il faut au passage souligner que New Delhi est de loin dépassée par quelques-unes). Onitsha du Nigéria en est, elle, à une moyenne de 594 microgrammes de particules fines par mètre cube de PM10.

L’indicateur « PM10 » ou plutôt des particules fines les plus « grosses » (1 millième de millimètre) qui sont évacuées de l’atmosphère le plus souvent très rapidement dans les quelques heures qui suivent leur émission est un des instruments de mesure utilisé.

Il faut d’ailleurs noter que la base de données de l’OMS est divisée en deux parties de tableau avec d’une part ces concentrations moyennes annuelles de particules fines PM10 mais aussi et surtout PM2,5 qui sont occultées dans la fameuse sélection de Statista et sont pourtant les plus nocives à la santé humaine car plus petites et à plus longue durée d’existence dans l’air que nous respirons (des semaines voire des mois).

Pour ce qui est de la pollution constatée et vécue au Sénégal, nous y reviendrons dans nos prochaines publications mais autant dire dès maintenant qu’il n’y a pas de quoi… souffler car les recommandations de l’OMS sont de 20 μg/m3 (pour les PM10) et de 10 μg/m3 (pour les PM2,5) et les statistiques de Dakar (la seule ville sénégalaise recensée) sont de 141 pour les PM10 et de 34 pour les PM2,5.
Plutôt grave. 

La pollution de l’air, vécue par 9 personnes sur 10 dans le monde est un facteur de risque critique pour les maladies non transmissibles (MNT) causant, selon les estimations, un quart (24%) des décès d’adultes imputables à des cardiopathies, 25 % des décès imputables aux accidents vasculaires cérébraux, 43% des décès imputables à la bronchopneumopathie chronique obstructive et 29% des décès imputables au cancer du poumon.

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