Plus que quelques jours avant l’échéance du 19 Janvier date officielle ou « déclarée », par la Communauté internationale, de fin du mandat du président Gambien Yaya Jammeh. Au vu des toutes récentes sorties de ce dernier et des déclarations de soutien (en apparence inconditionnelles) de ses alliés de règne, rien ne présage, en espérant que 2017 sera plus surprenante que sa précédente, que le dirigeant gambien soit prêt à céder le Pouvoir à celui qu’il félicitait moins de deux mois en arrière.

//platform.twitter.com/widgets.jsHors, la Communauté Internationale ou plutôt Société Internationale, comme diraient certains Professeurs de Science Politique, a fini de décréter la fin de son mandat et son illégitimité politique au-delà du 19 Janvier.

Subtilement donc, l’affaire « Yaya Jammeh » est petit à petit en train d’établir une forme nouvelle d’application du flou principe d’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat.
Loin de légitimer une quelconque attitude anti-démocratique l’interrogation est toute simple ou….compliquée dans l’esprit de son émetteur : si le respect de la légalité s’évalue à l’aune de l’évolution dans le sillage tracé par les textes juridiques de son positifs dans un espace, peut-on considérer que l’auto-proclamé « Excellence Cheikh Professeur Alhaji Dr. Yahya AJJ Jammeh Nasirul Deen Babili Mansa », dans sa posture actuelle de contestation des résultats de l’élection présidentielle, soit en marge de celle-ci ?
Le piège de la subjectivité dans l’interprétation du Droit surtout international peut mener à une impasse dans l’avenir quant à la posture que devrait avoir l’Union Africaine ou la CEDEAO en particulier.
On connait l’homme pour son extravagance et sa défiance envers ses pairs surtout sénégalais mais poser un regard dépassionné sur son cas est nécessaire. 
Si la surprise a été créée par la reconnaissance de sa défaite, sa pirouette finale de déni ne lui enlève en rien le fait qu’il puisse toujours être considéré comme le Président de la Gambie du point de vue légal.
Car dans la Constitution gambienne, il n’est nullement inscrit que des félicitations adressées à son adversaire électoral puissent être considérées par le Droit gambien comme une proclamation finale des résultats d’une élection. Ce qui, d’ailleurs prévaut dans tout autre pays.
La première position après son revirement d’auto-érection en vainqueur des élections était illégitime, anti-démocratique et « dictatoriale » pour emprunter le vocabulaire de certains. 
Mais la seconde qu’il a adoptée, après les remontrances internationales, de contestation du résultat du scrutin devant les juridictions habilitées relève totalement d’une option aménagée par les Lois de son pays.

Challenge to 49. Any registered political party which has participated in the election of a President Presidential election or an independent candidate who has participated in such an election may apply to the Supreme Court to determine the validity of the election of a President by filling a petition within ten days of the declaration of the result of the election.

D’où l’intérêt de ne pas verser dans la précipitation et d’attendre que la Cour Suprême statue ce 10 Janvier sur la question.
Et quant à la supposée partialité qui est imputée de tous bords à cette juridiction , elle peut être justifiable par la nomination par le Chef d’Etat des membres de cette juridiction, de surcroît issu d’une autre nationalité même s’il s’agit d’une spécificité de certains systèmes juridiques d’inspiration anglo-saxonne comme celui des Seychelles mais dans le fond, les pays voisins comme le Sénégal dont le Président de la République nomme la totalité des juges constitutionnels en attendant la prochaine application de la réforme (qui ne changera pas grand chose..), la Côte d’Ivoire dont le Chef d’Etat en nomme 4 sur sept (dont le Président…), le Nigéria dont Buhari, comme ses prédécesseurs, nomme la totalité des membres, entre autres exemples, ne sont , a priori, pas des mieux placés pour soulever cet argument.
La subjectivité des jugements émis par la Communauté Internationale semble donc latent. Par volonté de défense d’intérêts étatiques particuliers (suivez mon regard…) ? D’exploiter (enfin) une « excuse » tombée du Ciel pour se débarrasser d’un voisin encombrant frontalier comme non ? En tout cas, quelque soit la rancoeur contre le mis en cause, il faudra garder à l’esprit que la suite donnée à cette affaire ne manquera pas d’être érigée en Jurisprudence dans le cadre de la gestion des crises post-électorales en Afrique.

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