Hormis les ambitieuses réformes enclenchées et en rapport avec le fonctionnement de l’Union, deux décisions majeures sont aussi ressorties du 30ème Sommet de l’Union Africaine.
Deux projets phares inscrits dans l’Agenda 2063 dont l’aboutissement marque la preuve d’un dynamisme retrouvé d’une Union Africaine et de ses Chefs d’Etats membres très souvent décriés.

Il s’agit tout d’abord de la libéralisation du transport aérien, 30 ans après son évocation 20 ans après la fameuse « Décision de Yamoussoukro » prise par 44 Etats à l’époque dont vient de débuter l’ère de l’application.
Il a fallu attendre 2018 et ce 30e sommet de l’Union africaine pour qu’elle se concrétise enfin : désormais, n’importe quelle compagnie aérienne africaine pourra bientôt ouvrir une liaison dans n’importe lequel des 55 Etats membres (23 ont pris l’engagement d’une application immédiate pour l’instant). 
Décision importante surtout que cette décision prend le pas sur tous les autres accords bilatéraux ou multilatéraux restreints qui étaient préexistants.
Fait à noter : le Sénégal ne fait pas encore partie des Etats qui se sont engagés, la volonté de protéger la balbutiante compagnie « Air Sénégal SA » n’y est peut-être pas étrangère d’autant plus que les craintes d’une concurrence plus ardue qu’allaient subir les compagnies aériennes nationales sont connues pour avoir grandement retardé le processus.
Cela étant, le principal avantage sera d’augmenter le nombre de déplacements aériens et de participer à une baisse drastique des prix grâce à la concurrence tout comme à un abaissement du temps des voyages grâce à la réduction des trajets.
Une avancée qui brise comme le dira le président nigérien, Mahamadou Issoufou « des monopoles (de compagnies nationales) qui imposent parfois de traverser tout le continent pour attraper une correspondance qui vous ramènera dans le pays voisin ».
Comme prévu dans l (‘article 3 de la Décision, les Etats partie s’octroieront mutuellement libre-exercice des droits de trafic (appelées aussi liberté de l’air) dont voici des définitions succinctes tirées du site Milesopedia:
Première liberté de l’air : droit pour un transporteur d’un Etat de survoler le territoire d’un autre Etat sans y atterrir.
Deuxième liberté de l’air : droit d’effectuer des escales techniques. Droit pour un transporteur d’un Etat d’atterrir dans un autre Etat pour des raisons non commerciales, comme la maintenance ou le ravitaillement en carburant, durant un vol vers un Etat tiers.
Troisième liberté de l’air : droit de débarquer dans un Etat tiers des passagers embarqués dans l’Etat dont l’aéronef a la nationalité.
Quatrième liberté de l’air : droit d’embarquer dans un Etat tiers des passagers à destination de l’Etat dont l’aéronef a la nationalité.
Cinquième liberté de l’air : droit accordé par un Etat à un autre de débarquer et d’embarquer, dans le territoire du premier Etat du trafic en provenance ou à destination d’un Etat tiers.
Ni la fréquence ni la capacité ne peuvent être prises comme justificatives de restrictions bref, la libéralisation sera totale « sauf pour des considérations exceptionnelles d’ordre environnemental, de sûreté, techniques ou spéciales ».
Aux compagnies nationales africaines peu compétitives de s’adapter, elles qui pour le moment sont déjà devancées par les compagnies étrangères prenant en charge 80% des plus de 111 millions de passagers transportés en 2015 en Afrique, soit 3 % du trafic mondial alors que l’Afrique représente près de 20 % de la population mondiale.
Objectif qui en appelle un autre qui serait peut-être à entrevoir : le point suivant (i) sur le document référentiel (Agenda 2063) de l’organisation à savoir « l’introduction d’un passeport africain délivré par les États membres en tirant parti de la migration dans le monde par l’émission de passeports électroniques, avec la suppression de l’obligation de visa pour tous les citoyens africains dans tous les pays africains d’ici 2018 » …
Si le Marché unique du transport aérien en Afrique devrait selon la commission de l’Union Africaine stimuler les investissements transfrontaliers dans les industries de production et de services, la zone de libre-échange qui sera lancée le 21 mars au Rwanda, apprès approbation et signature des instruments juridiques est censée renforcer la « Position commune et l’espace politique de l’Afrique dans les négociations commerciales internationales ». 
Ce projet conçu en janvier 2012, prévu en l’année 2017 aura certes connu un léger décalage, mais contrairement à nombre de projets antérieurs, semble parti sur de bonnes bases et est enclenché à la juste échéance.
En jeu, la formation d’un marché continental des biens et services fort d’un milliard d’habitants et dont le PIB s’élève à 3 mille milliards de dollars et l’augmentation de la part du commerce intra-africain afin de le porter à 22% du commerce total d’ici 2022 dépassant les minimes 12% actuels.
L’étape graduelle était la création d’une zone de libre échange qui partant de l’Égypte jusqu’en Afrique du Sud via la fusion de 3 blocs économiques régionaux ainsi situés regroupant 27 pays qui à son tour s’alliera aux autres blocs régionaux de l’Afrique (communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Union du Maghreb arabe et la communauté des États sahélo-sahariens) pour n’en former plus qu’un à savoir la zone de libre-échange continental.
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