Les images sont insoutenables. Une foule rouge de personnes en détresse coincées entre un léger mur de tribune découverte et la salve de pierres fusant du côté opposé tentant dans cet entassement de sauver leur vie en enjambant l’estrade en bas qui finit par s’affaisser sous leur poids ou plutôt à cause de la fragilité de la structure. 

Un bilan provisoire faisant état de la mort de 8 personnes, nombre de victimes encore variables même s’il est de prières que le décompte macabre s’en arrête là, des blessés chiffrables à au moins des dizaines pour ne pas dire plus dont plusieurs graves. 
Un drame à coup sûr pour une simple finale de Coupe de la Ligue sénégalaise et une responsabilité située à mi-chemin entre le bas et le haut de l’échelle, de la Société aux Autorités concernées.
Des années que les matches de « Navetanes » et autres combats de lutte n’ont jamais été que l’apparat d’un risque latent et d’un climat de violence souvent concrétisée lors de confrontations dans les gradins ou en dehors du stade. 
Des Locales aux Départementales de ce supposé mouvement de vacances, il est toujours d’actualité populaire les mythes entretenus autour d’équipes qu’il serait inconcevable d’oser battre sur le terrain sous peine de subir l’ire d’une horde de supporters prêts à bastonner jusqu’à l’équipe adversaire et encore mieux son public. 
Du joueur au lutteur, on ne joue ni ne s’amuse, on affronte et combat dans le pire sens du terme. 
Qui n’a pas entendu dire que cette ASC, cette localité ou l’entourage plutôt que tels autres est des plus belligènes ? 
Des zones apaisées raillées telles des Cités à « poules mouillées » en raison des matches et ambiance trop « civilisés » ? 
Cette apologie de la violence dans le langage comme dans les actes devenue signe de virilité qui prend le pas sur le sport, le fair-play, comme dans nombreuses autres activités humaines à l’image des récentes sauvageries de la campagne électorale. 
Une honte qu’ailleurs on puisse organiser, contrairement à nous, une rencontre sportive en toute quiétude sans qu’aucunes velléités d’actes violents ne soient notés alors que des déploiements sécuritaires sont d’ailleurs opérés pour y remédier éventuellement. 
« Cordons sécuritaires » au niveau des Tribunes à l’opposé de ceux qui ne résistent pas à l’image de ces quelques policiers autant insuffisants qu’« incapables » de contenir la furie sanguinaire de ces jeteurs de projectiles chargeant tels des fantassins d’une autre époque. 
Et les réactions à chaud des autorités sont bien plus affligeantes : dissimulation de l’ampleur de la catastrophe et insinuation à peine voilée qu’il s’agit d’un malheur étant arrivé même dans d’autres pays. 
Une réplique qui ne manquera pas de revenir dans les discours et débats au sein d’un pays où la responsabilité se perd dans la complaisance et la couverture hypocrite des fautes de l’autre qui n’avouera d’ailleurs jamais sa culpabilité. 
Culpabilité qui risque de ne pas s’arrêter en si tragique chemin. Les bâtisses et installations pas aux normes telles ce Stade Demba Diop dont même le Ministre des Sports ignore une éventuelle dernière évaluation de la fiabilité sont nombreuses et on n’attend qu’un nouveau drame pour nous en souvenir ou nous rappeler du nom des personnes mortes. 
Propos assumé en toute responsabilité par un Sénégalais au moral affaissé à la vue de ce Mur. 
Paix aux âmes des victimes décédées.
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